À l’ouverture du sommet des BRICS dimanche à Rio de Janeiro, le président américain Donald Trump a lancé un avertissement clair : tout pays adoptant des « politiques anti-américaines » alignées sur celles du groupe se verra appliquer une taxe douanière supplémentaire de 10 %. Cette menace, diffusée via son réseau Truth Social, ne laisse aucune place à l’exception, bien que Washington n’ait pas précisé les critères exacts définissant ces « politiques anti-américaines ».
Quelques heures plus tôt, les BRICS publiaient une déclaration commune condamnant « l’augmentation aveugle des droits de douane », qu’ils estiment menacer l’équilibre du commerce mondial. Ce bras de fer intervient alors que l’administration américaine s’apprête à finaliser plusieurs accords commerciaux avant l’entrée en vigueur de nouvelles taxes douanières, prévue pour le 9 juillet, selon le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.
Le bloc, qui regroupe désormais au-delà de ses membres historiques Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud —plusieurs grandes économies émergentes comme l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran et les Émirats arabes unis, illustre une hétérogénéité croissante. L’Arabie saoudite n’a quant à elle pas encore officialisé son adhésion, tandis qu’une trentaine de pays ont exprimé leur intérêt à rejoindre le groupe.
En marge du sommet, le ministre indonésien de l’Économie, Airlangga Hartarto, doit se rendre aux États-Unis pour superviser les négociations commerciales en cours.
Lors de son discours d’ouverture, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a rappelé que les BRICS sont les héritiers du mouvement des non-alignés de la Guerre froide, soulignant que dans un contexte où le multilatéralisme est mis à mal, l’autonomie des nations reste un enjeu central. Avec plus de la moitié de la population mondiale et 40 % du produit intérieur brut global, ce bloc entend peser fortement dans le nouvel ordre mondial.







