La commune rurale de Safo s’impose progressivement comme un pôle important de la filière piscicole au Mali. À la faveur du Projet de restauration des terres dégradées (PRTD), financé par la Banque mondiale, plusieurs infrastructures ont vu le jour pour renforcer la production locale et soutenir l’objectif de souveraineté alimentaire.
Au centre de cette dynamique se trouve le Centre agro-piscicole Espoir Jeunes du Mali (CAPEJ), qui bénéficie d’un investissement de 75 millions de FCFA. Cette structure ambitionne, à partir de 2027, de produire chaque semestre 200 000 géniteurs, dont 140 000 de Clarias et 60 000 de Tilapia. À terme, le centre prévoit un chiffre d’affaires annuel estimé à 540 millions de FCFA, avec l’objectif de consolider durablement la filière piscicole nationale.
La visite de terrain effectuée récemment à Safo par la ministre de l’Environnement, Mme Doumbia Mariam Tangara, et le ministre de l’Élevage et de la Pêche, M. Youba Bah, a permis de mesurer les avancées réalisées. Les deux membres du gouvernement ont également visité la poissonnerie moderne de Safo, construite pour plus de 71 millions de FCFA. Cette infrastructure assure déjà la commercialisation d’environ trois tonnes de poisson par mois et génère un chiffre d’affaires annuel moyen de 125 millions de FCFA.
Selon les autorités, les résultats enregistrés à Safo s’inscrivent dans une dynamique plus large à l’échelle nationale. Le PRTD a permis la mise en place de 15 écloseries, 17 poissonneries, 4 unités de transformation et une unité de production de glace. Ce dispositif a favorisé la création de plus de 1 200 emplois directs et 7 000 emplois indirects dans le pays.
Le projet a également contribué à améliorer les performances de production. Le temps de grossissement nécessaire pour obtenir un poisson de 1 kilogramme est ainsi passé de sept mois à moins de quatre mois. Pour les autorités, cette évolution renforce les capacités nationales de production et ouvre des perspectives importantes pour réduire les importations de poissons congelés.
Dans les quatre prochains mois, plus de 27 600 tonnes de poisson frais sont attendues sur les marchés maliens. Les ministres en charge du dossier estiment que ce projet participe à la sécurité alimentaire du pays tout en transformant les défis environnementaux en opportunités économiques, notamment pour les jeunes.







