Après une accalmie de courte durée, la capitale malienne semble replonger dans l’obscurité. Depuis le début du mois de mai, les coupures d’électricité se multiplient, ramenant la fourniture quotidienne à moins de dix heures dans plusieurs quartiers de Bamako. Un retour brutal en arrière qui ravive colère, lassitude et inquiétude chez les habitants.
Dans les communes IV, V et VI, la tension monte. À Lafiabougou, Gaousou Bamba, visiblement agacé, résume le sentiment général : « On croyait que le pire était derrière nous. Mais depuis une semaine, on dirait qu’on est revenu au cœur de la crise énergétique. »
Cette régression survient au moment où de nombreuses petites entreprises tentaient de se relever. Commerces de quartier, ateliers de soudure, salons de coiffure, unités de production artisanale : tous voient leurs activités sévèrement perturbées. Pour certains, chaque heure sans électricité signifie une perte sèche. Dans un contexte économique déjà précaire, ces interruptions répétées menacent directement des moyens de subsistance.
Carburant, réseau, gouvernance : la triple panne
D’après des sources internes à Énergie du Mali (EDM-SA), les difficultés actuelles s’expliqueraient par un double blocage : d’un côté, une rupture dans l’approvisionnement en carburant indispensable au fonctionnement des centrales thermiques ; de l’autre, une fragilité persistante du réseau national de transport d’énergie. En somme, une infrastructure sous tension et des ressources logistiques à bout de souffle.
Face à cette situation préoccupante, les regards se tournent vers le ministère de l’Énergie. La population attend des réponses claires, mais surtout des solutions durables. Car à Bamako, le retour de l’obscurité est perçu non seulement comme un problème technique, mais aussi comme un symbole d’une gouvernance énergétique en panne.







