À quelques jours de l’élection du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), le climat se tend entre les deux candidats en lice : Madiou Simpara et Harouna Kanté. Si le premier semble bénéficier d’un avantage au regard des sondages et des pronostics, le second ne s’avoue pas vaincu et entend jouer pleinement ses chances jusqu’au bout, fort du soutien de ses partisans.
Dans un contexte national déjà marqué par une crise multidimensionnelle, de nombreux acteurs redoutent une nouvelle crise post-électorale au sein de la CCIM, une institution historiquement confrontée à des contestations après ses élections. Pour prévenir ce scénario, les regards se tournent vers l’ancien président du Conseil national du patronat du Mali, Mamadou Sinsy Coulibaly, afin qu’il s’implique comme médiateur pour favoriser un consensus entre les deux candidats.
Figure respectée du monde des affaires, Mamadou Sinsy Coulibaly dispose de liens étroits avec Madiou Simpara et Harouna Kanté. Son influence, son aura et la confiance dont il jouit auprès des deux protagonistes font de lui un acteur clé capable de faciliter un dialogue constructif. Son intervention pourrait permettre d’aboutir à un compromis acceptable pour toutes les parties, au bénéfice de la stabilité de la CCIM et du climat des affaires au Mali.
Certes, le consensus n’est ni l’option la plus démocratique ni la meilleure manière de légitimer un dirigeant. Mais dans le contexte actuel, il apparaît comme une alternative pragmatique au vote, dont les conséquences pourraient être lourdes en cas de contestation. L’histoire récente de la CCIM montre que les élections y ont souvent débouché sur des crises post-électorales paralysantes. D’où l’intérêt d’explorer une solution négociée pour éviter un nouvel enlisement.
Selon plusieurs sources, Mamadou Sinsy Coulibaly entretient des relations de confiance avec les deux candidats et pourrait engager un dialogue franc, d’autant plus après le désistement de la seule femme candidate, Mme Aïssata Lah. Sa mission ne serait pas simple, mais elle reste à sa portée compte tenu de son poids dans le milieu des affaires et de son attachement au Mali.
Reste à savoir si les deux candidats accepteront la main tendue du médiateur et si d’éventuelles interférences politiques ne viendront pas compromettre les efforts de rapprochement. En tout état de cause, nombreux sont ceux qui estiment qu’il s’agit d’un devoir moral pour l’ancien président du patronat de s’impliquer afin d’anticiper, voire de prévenir, une crise dans un secteur qui lui est cher : celui de l’économie et des affaires.
En somme, même si la campagne se déroule apparemment dans un climat normal, les signaux d’une possible contestation des résultats sont perceptibles. À l’approche de la date fatidique, la tension monte. Pour éviter que la CCIM ne replonge dans une crise post-électorale, il serait opportun que Mamadou Sinsy Coulibaly, également président du Groupe Kledu, s’implique activement afin de préserver la stabilité d’une institution stratégique, dans un pays déjà durement éprouvé par les crises.







