Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a promulgué ce lundi 8 juillet 2025 une version profondément révisée de la Charte de la Transition. Adopté le 3 juillet par le Conseil national de Transition (CNT), le texte redéfinit les règles du jeu politique et institutionnel au Mali.
Parmi les changements majeurs, la durée de la Transition devient illimitée. L’article 4 (nouveau) stipule que le président de la Transition reste en fonction pour cinq ans, renouvelables indéfiniment jusqu’au retour à une paix durable. Toutefois, la Transition pourrait s’achever si les conditions d’une élection présidentielle « transparente et apaisée » sont réunies.
Autre évolution notable : les autorités actuelles — y compris le président, les membres du gouvernement et les conseillers du CNT — sont désormais éligibles aux prochaines élections générales, une disposition jusqu’ici exclue. Le texte met l’accent sur la moralité, la compétence et le patriotisme comme critères de participation au gouvernement.
La Charte réaffirme les missions fondamentales de la Transition : rétablissement de la sécurité, refondation de l’État, réforme de l’administration et du système éducatif, et application des recommandations des Assises nationales de la Refondation (2021) ainsi que de la consultation populaire d’avril 2025.
Enfin, en cas de conflit entre la nouvelle Charte et la Constitution adoptée en 2023, c’est cette dernière qui fera foi, sous l’autorité de la Cour constitutionnelle. Ce tournant institutionnel marque un nouveau chapitre dans la trajectoire politique du pays, sous le sceau du « patriotisme » invoqué depuis le coup d’État du 18 août 2020.







