L’annonce de la prorogation de la transition pour une durée de cinq ans renouvelable continue de susciter des réactions virulentes au sein de la classe politique malienne. Après la sortie remarquée de Yeah Samaké, c’est l’ancien Premier ministre Moussa Mara qui monte au créneau. Dans une déclaration ferme, il dénonce une décision lourde de conséquences pour le pays et alerte sur le risque d’un enfoncement durable dans la crise.
Une transition jugée « interminable »
Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 11 juin, le gouvernement de transition a validé un projet de révision de la Charte visant à accorder au président en exercice un mandat de cinq ans, renouvelable. Pour Moussa Mara, cette orientation institutionnalise un pouvoir sans limite, au détriment des espoirs démocratiques du peuple malien.
« C’est une énorme crainte pour l’avenir immédiat du Mali », a-t-il écrit dans un communiqué, redoutant une spirale de crise politique, économique et sociale dont il sera difficile de sortir. Selon lui, cette prorogation plonge le pays dans une « souffrance sans fin ».
Une situation socio-économique alarmante
L’ancien chef du gouvernement dresse un tableau sombre de la situation nationale : pauvreté grandissante, flambée des prix, chômage endémique, perte de repères. Autant de maux que cette transition à rallonge risque d’amplifier, estime-t-il. « Rien dans cette décision ne laisse espérer une amélioration du quotidien des Maliens », déplore-t-il.
Sur le front sécuritaire, Moussa Mara pointe également l’absence de résultats probants. Le statu quo, selon lui, devient dangereux. « La persistance de nos autorités dans la même direction maintient une réelle incertitude », met-il en garde.
Une dérive autoritaire en toile de fond
Moussa Mara ne mâche pas ses mots : interdictions d’activités politiques, dissolution de partis, restriction des libertés, instrumentalisation des institutions… il évoque une transition de plus en plus autoritaire. « Cette décision est synonyme d’abandon de toute perspective démocratique pour notre pays », affirme-t-il.
Un appel à la lucidité et au sursaut
Dans son adresse, l’ancien Premier ministre en appelle à la conscience des autorités actuelles. « Il n’est jamais trop tard pour bien faire », insiste-t-il, exhortant les dirigeants à « mesurer les menaces » qui pèsent sur le pays. À ses yeux, il en va de la survie de l’État et de l’unité nationale.
Alors que la transition semble désormais engagée dans une temporalité indéfinie, la déclaration de Moussa Mara vient raviver les inquiétudes d’une frange importante de la société civile et politique malienne, de plus en plus préoccupée par l’absence de perspectives claires.







