Le Burkina Faso occupe désormais la première place mondiale parmi les pays les plus touchés par le terrorisme, selon le dernier rapport du Global Terrorism Index 2024, publié par l’Institute for Economics and Peace (IEP). Ce classement marque un tournant, reléguant l’Afghanistan et la Syrie – historiquement en tête aux rangs inférieurs.
Une Afrique de l’Ouest durement éprouvée
Le rapport dresse un tableau alarmant de la situation sécuritaire sur le continent africain. Six pays africains figurent parmi les dix plus impactés :
- Burkina Faso (1er)
- Mali (3e)
- Niger (5e)
- Nigeria (6e)
- Somalie (8e)
- Cameroun (10e)
Ce basculement vers l’Afrique, en particulier la région sahélienne, traduit l’évolution des foyers de violence terroriste au cours des dernières années.
Des violences en expansion depuis 2015
Au Burkina Faso, les attaques se sont intensifiées depuis 2015, notamment dans les régions du Nord et de l’Est, où les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique multiplient les offensives. Le rapport précise que les civils paient le plus lourd tribut :
- Des milliers de morts,
- Des villages rayés de la carte,
- Plus de deux millions de déplacés internes.
La stratégie des groupes armés s’étend désormais bien au-delà des cibles militaires. Écoles, marchés, lieux de culte et infrastructures publiques sont devenus des cibles récurrentes, aggravant la précarité et l’insécurité au quotidien.
Un tissu social fragilisé et une économie à l’arrêt
Le rapport évoque un climat de peur généralisé et la désintégration progressive du tissu social burkinabè. L’impact économique est tout aussi dramatique :
- L’agriculture, pilier de l’économie locale, est largement paralysée.
- Les réseaux commerciaux sont désorganisés.
- De nombreux services publics sont devenus inaccessibles dans les zones sous pression.
- Une urgence sécuritaire et humanitaire
L’IEP alerte sur l’urgence d’une réponse coordonnée, à la fois sécuritaire, humanitaire et sociale, pour endiguer l’expansion de la violence et stabiliser les zones affectées. Le Burkina Faso, aujourd’hui en tête de ce classement mondial, cristallise les fractures du Sahel et les limites des réponses classiques face à l’extrémisme violent.






