Près de six mois après son entrée en fonction, le Général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre du Mali, a présenté devant le Conseil national de Transition (CNT) un ambitieux Plan d’Action Gouvernemental (PAG) décliné en huit axes stratégiques. Au cœur de cette feuille de route : la restauration de la sécurité, la souveraineté nationale et la transformation structurelle de l’État malien.
« Rien ne peut se faire sans la sécurité », a martelé le chef du gouvernement, réaffirmant la centralité du renforcement des Forces armées maliennes (FAMa) dans la vision de l’exécutif.
1. Sécurité nationale renforcée : la FAMa en première ligne
Le PAG prévoit une montée en puissance continue des FAMa à travers le recrutement massif de soldats, la modernisation des infrastructures militaires, la construction d’hôpitaux dédiés aux forces, l’acquisition d’équipements modernes et un redéploiement stratégique sur l’ensemble du territoire national. La logique est claire : reconquérir chaque parcelle du territoire et garantir la sécurité des citoyens.
2. Réformes institutionnelles et gouvernance numérique
En parallèle, des réformes institutionnelles sont envisagées pour renforcer l’efficacité de l’État. La digitalisation des services publics figure en bonne place, avec l’objectif d’améliorer la transparence, l’accessibilité et la qualité des services à la population.
La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite sera également intensifiée, avec des dispositifs de contrôle renforcés et une volonté affichée de moraliser la vie publique.
3. Une nouvelle citoyenneté malienne
Le Premier ministre a souligné la nécessité de construire un « homme malien nouveau », porteur de valeurs républicaines, de civisme et de patriotisme. Cette ambition passe par un renforcement de l’éducation civique et la promotion d’un engagement citoyen renouvelé.
4. Relance économique et souveraineté énergétique
Sur le plan économique, le gouvernement met l’accent sur la relance du secteur agricole, véritable pilier de l’économie malienne. Il est aussi question d’un accès accru à l’électricité — désormais porté à 19 heures par jour — et d’une meilleure gestion de l’eau potable, en particulier dans les zones rurales.
5. Investissement social et capital humain
Dans le domaine social, plusieurs mesures sont annoncées : la création de lycées techniques, le développement de bibliothèques numériques pour faciliter l’accès au savoir, ainsi que la réhabilitation et la modernisation des lieux de culte.
Le gouvernement entend faire de la culture un vecteur de cohésion nationale. À cet effet, l’année 2025 a été proclamée « année culturelle nationale », avec une programmation axée sur la valorisation des identités locales.
6. Diaspora : un levier stratégique
Le Premier ministre a salué la contribution essentielle de la diaspora malienne, dont les transferts de fonds ont atteint 700 milliards de francs CFA. Il a insisté sur la nécessité de mieux intégrer ce potentiel dans les politiques de développement national.
7. Prudence électorale face au contexte sécuritaire
Sur le plan politique, le chef du gouvernement est resté mesuré. Si des élections sont bel et bien prévues, leur tenue reste conditionnée à l’amélioration du climat sécuritaire et à la mise en place d’un dispositif administratif stable. Aucune date n’a pour l’instant été communiquée.
8. Prochaines étapes : débat et mise en œuvre
Les discussions autour de ce Plan d’Action Gouvernemental débuteront officiellement ce lundi 19 mai au sein du CNT. Ce programme, largement inspiré des orientations définies par le Président de la Transition, Assimi Goïta, ambitionne de replacer le Mali sur la voie de la souveraineté intégrale, de la refondation étatique et de la résilience nationale.







