Une attaque armée, attribuée à des éléments présumés djihadistes, a visé tôt ce lundi matin deux sites d’orpaillage artisanal exploités par des ressortissants chinois. L’incident s’est produit aux environs de 5 heures dans la localité de Naréna, à environ 85 kilomètres au sud-ouest de Bamako, non loin de la frontière avec la Guinée.
Selon les premières informations recueillies auprès de sources locales et sécuritaires, les assaillants lourdement armés ont surgi avant l’aube, prenant de court les travailleurs présents sur les sites. Plusieurs machines et installations ont été incendiées, provoquant d’importants dégâts matériels. Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés parmi les orpailleurs, dont certains ont été évacués vers les centres de santé les plus proches.
Ce n’est pas la première fois que des sites miniers sont pris pour cible. Le 4 mai dernier, dans la région de Kayes, des groupes armés avaient déjà attaqué plusieurs zones d’extraction d’or, détruisant des engins de grande capacité utilisés dans les opérations d’exploitation industrielle et semi-industrielle.
Cette recrudescence d’attaques contre les infrastructures minières, en particulier celles impliquant des acteurs étrangers, semble marquer une inflexion dans la stratégie des groupes armés. Sous pression dans certaines zones du pays, ils redéploient leurs actions vers les secteurs économiques clés, notamment l’orpaillage, avec pour objectif d’affaiblir davantage l’État et de perturber l’activité économique locale et nationale.
Les autorités sécuritaires n’ont pour l’instant pas communiqué officiellement sur l’identité des assaillants, mais des opérations de ratissage auraient été engagées dans la zone pour tenter de les localiser. La situation à Naréna reste tendue, et un renforcement du dispositif sécuritaire est attendu dans les prochaines heures.
Ce nouvel épisode met en lumière la vulnérabilité persistante des zones minières au Mali, où l’exploitation des ressources aurifères attire non seulement les investisseurs mais également les convoitises de groupes armés qui y voient une source potentielle de financement et un levier de déstabilisation.






