À la tribune des Nations unies, le Mali a élevé la voix contre l’Algérie. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a profité de la 80e Assemblée générale de l’ONU, ouverte à New York, pour dénoncer ce qu’il qualifie d’“ingérences” et de “soutien actif au terrorisme” de la part d’Alger.
Trois accusations précises
Le chef du gouvernement malien a cité trois épisodes majeurs : l’attaque de Tinzawatène en juillet 2024, menée selon Bamako depuis le territoire algérien ; la destruction d’un drone malien par la défense antiaérienne algérienne en avril 2025, affaire portée devant la Cour internationale de justice (CIJ) ; et enfin le refus d’Alger de reconnaître la compétence de cette juridiction.
Une charge inédite contre un “allié historique”
Tout en rappelant le soutien malien à la cause algérienne durant la guerre de libération, Abdoulaye Maïga a fustigé une “duplicité” incompréhensible, accusant Alger de se présenter comme “champion de la lutte antiterroriste” tout en devenant “exportateur de terroristes”. Le Premier ministre a convoqué la sagesse d’Amadou Hampâté Bâ pour opposer la patience malienne aux “manœuvres hostiles” de son voisin.
Vers une rupture ouverte ?
Ce discours marque un tournant dans une relation déjà tendue. L’épisode du drone détruit en avril a cristallisé les rancunes et ouvert la voie à une confrontation diplomatique. En portant l’affaire sur la scène internationale, Bamako cherche à délégitimer Alger et à s’affirmer au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Mais cette escalade verbale pourrait aussi fragiliser la coopération sécuritaire le long des 1 300 km de frontière commune. “Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité”, a prévenu Abdoulaye Maïga, dans une mise en garde aux accents militaires.







