À l’occasion de la Semaine nationale de la liberté de la presse, l’Alliance des Professionnelles de la Presse Écrite du Mali (APPEM), dirigée par Mme Dado Camara, a organisé ce lundi 5 mai 2025 une table ronde à la Maison de la Presse de Bamako. Thème central : « Journalisme et Intelligence Artificielle : risques et opportunités au Mali ». Un débat crucial dans un contexte de mutation technologique et de prolifération de l’information.
Une initiative en faveur d’un journalisme éthique
Sous la coordination de la Maison de la Presse, son président Bandjougou Danté a salué l’engagement constant de l’APPEM dans les dynamiques collectives du secteur médiatique. Il a insisté sur l’importance de former journalistes et étudiants aux enjeux contemporains :
« Contribuer au renforcement des capacités des professionnels de l’information est un engagement noble. La Maison de la Presse sera toujours aux côtés de l’APPEM, en particulier lorsqu’il s’agit de soutenir les initiatives portées par des associations féminines. »
L’IA : entre promesses technologiques et périls informationnels
Pour la présidente de l’APPEM, Mme Dado Camara, la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les salles de rédaction n’est pas sans conséquences :
« L’IA génère chaque jour des milliers de contenus automatisés. Distinguer le vrai du faux devient de plus en plus complexe, alimentant ainsi la confusion parmi les citoyens. »
Elle plaide pour une meilleure sensibilisation des journalistes aux risques mais aussi aux potentiels de ces nouvelles technologies, tout en dénonçant l’envahissement d’articles générés artificiellement sans vérification ni éthique.Défis, menaces… mais aussi opportunités
Modérateur du panel, Alexis Kalambry, directeur de publication de MaliTribune, a apporté un éclairage historique sur l’évolution de la presse malienne et l’émergence de l’IA. Il a souligné les effets pervers comme la menace sur certains emplois, la perte d’effort intellectuel ou encore l’uniformisation des contenus.
Cependant, il a également reconnu que l’IA, bien utilisée, peut améliorer la productivité et la qualité du traitement de l’information :
« L’IA offre une rapidité d’exécution, mais elle reste dénuée de sensibilité humaine. Le journaliste doit conserver son rôle critique, son éthique et sa créativité. »
Cap sur l’éthique et la professionnalisation
Mme Dado Camara a conclu en rappelant les priorités de l’APPEM :
« Nous nous engageons à promouvoir les droits des femmes journalistes et à améliorer les conditions de travail de nos membres. Mais au-delà, nous appelons toute la profession à élaborer des stratégies éthiques et responsables face à l’intelligence artificielle. »
L’APPEM ambitionne de faire de l’éducation aux médias un levier pour contrer la désinformation et protéger l’intégrité de l’information dans un paysage numérique de plus en plus instable.







