Le football malien traverse une période délicate. À la croisée des chemins, le sport roi peine à répondre aux attentes d’un public devenu plus exigeant et moins indulgent. Malgré les ressources mobilisées ces dernières années, les résultats tardent à convaincre. La Fédération malienne de football se retrouve aujourd’hui sous le feu des critiques, venant aussi bien des supporters que des observateurs et acteurs du milieu sportif.
L’élimination du Mali en quart de finale de la CAN en cours au Maroc a servi de déclencheur. Une sortie prématurée difficile à digérer pour des supporters qui espéraient au minimum une place dans le dernier carré, au regard du potentiel affiché par les Aigles. Pour beaucoup, cet échec ne se limite pas à un accident de parcours : il révèle des insuffisances persistantes, tant sur le plan technique que dans la gestion globale du football national.
Centres de formation en développement, joueurs évoluant dans de grands championnats, encadrement technique renforcé, primes, stages et compétitions internationales : rarement le Mali n’a disposé d’autant d’atouts. Pourtant, ces investissements ne se traduisent pas pleinement sur le terrain, accentuant le sentiment de décalage entre les moyens engagés et les performances obtenues.
Cette contradiction alimente une frustration croissante chez les supporters, qui peinent à comprendre comment un tel vivier de talents peut produire des résultats jugés en deçà des ambitions affichées.
Au-delà de l’élimination, c’est surtout la gouvernance de la FEMAFOOT qui cristallise les critiques. Sur les réseaux sociaux, les appels à une dissolution ou à une profonde réforme de la fédération se multiplient. De nombreuses voix réclament un assainissement du système et l’émergence d’une nouvelle gouvernance, jugée plus transparente et plus efficace.
Pour plusieurs observateurs, le football malien ne peut poursuivre sur cette trajectoire sans risquer un affaiblissement durable. Le salut passerait par une refondation en profondeur, seule capable de restaurer la confiance et de raviver l’espoir des millions de supporters qui rêvent, un jour, de voir le Mali soulever enfin la Coupe d’Afrique des nations.







