
Le Mali franchit une étape décisive vers la maîtrise de ses ressources naturelles avec le lancement officiel des travaux de sa toute première raffinerie nationale d’or. La pose de la première pierre a eu lieu ce lundi à Sénou, aux abords de Bamako, en présence des plus hautes autorités de la transition.
Dotée d’une capacité annuelle de traitement de 200 tonnes d’or, l’infrastructure s’inscrit dans une dynamique affirmée de valorisation locale des matières premières, en réponse aux aspirations populaires exprimées lors des Assises nationales de la Refondation.
« Ce projet incarne l’affirmation de notre souveraineté économique. Il permettra de mieux contrôler, tracer et rentabiliser les revenus issus de notre or », a déclaré le président de la transition, Assimi Goïta, soulignant que cette initiative répond à une demande forte des citoyens : faire en sorte que les richesses du sous-sol malien bénéficient d’abord aux Maliens.
Une infrastructure stratégique pour transformer l’économie
La future raffinerie de Sénou ne sera pas une simple unité industrielle. Conçue selon les standards internationaux, elle comprendra des laboratoires d’analyse modernes, des entrepôts hautement sécurisés et des équipements de pointe. En plus du traitement de l’or malien, l’usine pourrait également raffiner des minerais provenant de pays voisins, consolidant ainsi le leadership régional du Mali sur le marché aurifère ouest-africain.
Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a salué un « tournant stratégique » :
« Cette raffinerie marque le début de la transformation industrielle de nos ressources. Elle est l’un des piliers du développement économique que nous voulons souverain, durable et équitable. »
Une coopération russo-malienne renforcée
Le projet est porté par la société russe Yadran, en charge de la construction et de l’exploitation technique. Son président, Irek Salikhov, a mis l’accent sur une vision à long terme :
« Il ne s’agit pas seulement d’une usine. C’est un pôle économique à part entière et un symbole fort de la coopération gagnant-gagnant entre la Russie et le Mali. »
L’entreprise s’est engagée à former le personnel malien, à assurer la maintenance durable de l’unité et à favoriser les transferts de compétences, afin de garantir une exploitation maîtrisée par les ressources locales.
Vers une refondation du secteur minier
La construction de cette raffinerie s’inscrit dans un cadre plus large de réformes profondes du secteur minier malien. Parmi les actions engagées :
- L’audit des sociétés minières en activité,
- L’adoption d’un nouveau code minier,
- La renégociation des contrats jugés déséquilibrés,
- Et la création d’une société d’État dédiée à la recherche et à l’exploitation des ressources minières : la SOREM (Société pour l’Exploitation des Ressources Minières).
Avec ce chantier structurant, le Mali ambitionne de reprendre le contrôle de sa filière aurifère, tout en amorçant un virage vers une économie plus intégrée et moins dépendante de l’exportation brute des matières premières.







