Le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, a procédé ce vendredi 26 décembre 2025 au lancement officiel de la campagne nationale de vaccination du cheptel pour la période 2025-2026. La cérémonie s’est tenue au parc à bétail de Kati Draal, dans la commune rurale de Kambila, en présence des autorités administratives, des partenaires techniques et des représentants du monde pastoral.
Cette rencontre a servi de cadre d’échanges directs entre le gouvernement et les éleveurs, qui ont exposé les principales difficultés auxquelles le secteur est confronté. Parmi les préoccupations soulevées figurent l’alimentation du bétail, la recrudescence des vols d’animaux et la pénurie annoncée des kits d’insémination artificielle à l’horizon mars 2026 si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Les professionnels du secteur ont notamment plaidé pour une augmentation de leur quota de graines de coton destinées à la fabrication d’aliments pour bétail. Actuellement fixé à 10 % de la production nationale, ce quota a contribué à stabiliser les prix du tourteau de coton, selon Mahamadou Diallo, président de l’Interprofession de la filière bétail-viande. Face à l’augmentation continue du cheptel, les éleveurs demandent son relèvement à 20 %.
Autre point d’inquiétude largement évoqué : le vol de bétail. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, Sanoussi Bouya Sylla, a alerté sur la persistance du phénomène, malgré sa criminalisation dans le nouveau Code pénal. Selon lui, des groupes armés opèrent désormais jusque dans les environs de Bamako, neutralisant les gardiens avant d’emporter les troupeaux.
Troisième secteur d’exportation du pays après le coton et l’or, l’élevage joue un rôle central dans l’économie malienne. Il représente la principale source de revenus pour plus de 30 % de la population et contribue à environ 12 % du PIB national. Le Mali demeure le premier pays d’élevage de l’espace UEMOA, avec un cheptel estimé en 2024 à près de 14 millions de bovins, 52 millions de petits ruminants, 1,4 million de camélidés, 1,2 million d’ânes et 57 millions de volailles.
Face à cet enjeu stratégique, l’État, avec l’appui de partenaires tels que la FAO et le CICR, renforce les mécanismes de soutien aux éleveurs, notamment par l’allègement des coûts de vaccination dans les régions du nord et du centre du pays.
Sur la question spécifique du vol de bétail, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah, a annoncé l’adoption d’un Système national d’identification et de traçabilité du bétail, baptisé NINA-B. Selon lui, ce dispositif permettra, à court terme, d’améliorer le suivi des mouvements d’animaux et la traçabilité des produits d’élevage sur l’ensemble du territoire.







