La Transition malienne s’achemine vers une prolongation formelle. Le gouvernement a adopté en Conseil des ministres un projet de révision de la Charte de la Transition. Ce texte-clé vise à accorder au président en exercice un mandat de cinq ans, renouvelable. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des dynamiques politiques initiées au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), dont le Mali est membre fondateur.
Présenté sur rapport du ministre délégué aux Réformes politiques, le projet de loi entend, selon les autorités, matérialiser les recommandations issues des Assises nationales de la Refondation (ANR), tenues fin 2021. Ces dernières avaient mis en avant la priorité des réformes structurelles sur la tenue des élections. Depuis, une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum, et la souveraineté nationale est désormais brandie comme pilier de la nouvelle orientation stratégique du pays.
Vers un pouvoir militaire durable ?
Malgré ce cap affiché, les incertitudes s’accumulent autour de l’issue réelle de cette Transition. Le nouveau texte propose un mandat de cinq ans pour le président, sans exclure sa reconduction. Si le général Assimi Goïta n’a pas encore officialisé ses intentions, cette réforme lui ouvre clairement la voie à un maintien au pouvoir au-delà de 2025.
Le gouvernement se défend de toute dérive autoritaire et affirme agir « en conformité avec la volonté du peuple malien ». Il évoque des consultations menées avec les forces vives de la nation et la diaspora. Mais dans les faits, aucun calendrier électoral n’a été communiqué, et aucune limite temporelle claire n’encadre cette nouvelle phase.
Le flou persiste sur la suite du processus
Entre insécurité persistante, menaces terroristes et isolement diplomatique, le pouvoir invoque des « conditions exceptionnelles » pour justifier le report de l’agenda électoral. Une Transition désormais sans échéance visible, où les promesses de retour à l’ordre constitutionnel paraissent reléguées au second plan.
Le Mali entre ainsi dans une zone grise : ni véritablement en transition, ni clairement en régime stable. Une situation qui pourrait redessiner durablement l’architecture politique du pays, au risque d’accentuer les tensions internes et les critiques à l’international.







