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Le rôle crucial des compagnies minières dans l’économie malienne

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L’or, pilier de l’économie malienne

Le Mali, troisième producteur d’or en Afrique derrière le Ghana et l’Afrique du Sud, occupe une place stratégique sur la scène aurifère continentale. Selon les chiffres du ministère de l’Économie et des Finances, l’or représente plus de 75 % des recettes d’exportation du pays. En 2023, près de 72 tonnes d’or ont été exportées, générant des milliards de FCFA en recettes douanières et fiscales.

Ce dynamisme repose en grande partie sur la présence d’acteurs miniers internationaux tels que Barrick Gold (Canada), Resolute Mining (Australie) et B2Gold (Canada), souvent en partenariat avec l’État malien, actionnaire minoritaire dans les projets. Ces entreprises interviennent dans des zones stratégiques comme Loulo, Gounkoto, Sadiola, Kalana, Yanfolila ou Morila, contribuant à la structuration de l’économie locale.

Cependant, cette dépendance à l’or soulève des interrogations : si les indicateurs macroéconomiques sont positifs, la répartition des bénéfices demeure un sujet de débat, dans un pays encore marqué par des défis socioéconomiques tels que la pauvreté, le chômage et les inégalités.

Des retombées concrètes, mais inégalement réparties

Le secteur minier contribue de manière significative à l’économie malienne. Selon Fousséni Togola, président du collège transitoire de la Chambre des Mines du Mali, plus de 50 000 emplois directs et indirects sont générés, en incluant les sous-traitants et fournisseurs. À Yanfolila, la mine de Hummingbird Resources emploie plus de 1 000 personnes, dont une majorité de nationaux.

Entre 2015 et 2020, les entreprises minières ont versé environ 1 280 milliards de FCFA à l’État sous forme de recettes fiscales, royalties et dividendes. Ces ressources ont permis de financer plusieurs secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.

Toutefois, des voix locales expriment des préoccupations. À Kalana, par exemple, des représentants de la société civile questionnent la gestion des fonds de développement local issus des redevances minières. Certains élus regrettent que la centralisation à Bamako limite les moyens disponibles pour les collectivités.

Des efforts de responsabilité sociétale visibles

Dans un souci d’ancrage local, les compagnies minières ont progressivement mis en place des programmes de responsabilité sociétale : construction d’écoles, réhabilitation de centres de santé, accès à l’eau potable, appui aux coopératives. Barrick Gold affirme, par exemple, avoir investi plus de 25 milliards de FCFA dans des projets communautaires à Loulo depuis dix ans.

Ces réalisations sont visibles et appréciées par de nombreux bénéficiaires. Néanmoins, certaines critiques portent sur l’absence de concertation dans la définition des priorités. Des infrastructures sont parfois livrées sans accompagnement suffisant, compromettant leur efficacité à long terme.

Gouvernance et transparence : des avancées en cours

Le secteur minier malien a amorcé une réforme notable avec l’adoption d’un nouveau code minier en 2023. Celui-ci renforce la participation de l’État (jusqu’à 30 % dans les nouveaux projets), encourage le contenu local et impose davantage de transparence.

Des défis persistent cependant. Les institutions de régulation, comme la Direction nationale de la géologie et des mines, manquent encore de moyens pour assurer un suivi rigoureux. La traçabilité de l’or artisanal, qui représente une part importante de la production, reste limitée, exposant le pays à des pertes fiscales et à des risques de détournement.

La société civile appelle à une implication plus large dans le suivi des conventions minières, et à une publication régulière des revenus par projet, conformément aux normes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Diversification et perspectives d’avenir

Consciente de la vulnérabilité liée à une dépendance excessive à l’or, la stratégie nationale mise désormais sur la diversification. Le projet de lithium de Goulamina, porté par la société australienne Leo Lithium, ouvre une nouvelle voie. Située dans le sud du pays, cette mine s’inscrit dans la dynamique mondiale de la transition énergétique et pourrait devenir une source importante d’emplois et de revenus.

Ce projet incarne l’opportunité d’une nouvelle ère minière plus inclusive et durable. Pour cela, une approche intégrée est essentielle : implication des communautés, cadre réglementaire stable, renforcement des capacités locales et protection de l’environnement.

Une industrie à un tournant

Le secteur minier malien occupe une place centrale dans l’économie nationale. Les compagnies minières y jouent un rôle important en matière d’investissements, de création d’emplois et de financement public. Pour que ces contributions se traduisent en progrès durables, il est nécessaire de renforcer la gouvernance, d’assurer une meilleure répartition des retombées et de maintenir un dialogue constant avec les populations.

C’est à travers ce chemin d’équilibre – entre performance économique, responsabilité sociale et équité territoriale – que le secteur minier pourra pleinement contribuer à la transformation du Mali.

Tags: economieMALImines
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