L’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués (ARGASC), dirigée par Oumar Traoré, a présenté son rapport d’activités 2025, mettant en avant une contribution de plus de 3,6 milliards de F CFA au compte spécial de lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Ce bilan a été exposé le 30 mars, lors de la cérémonie de remise des rapports d’activités des services centraux du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.
Sur le plan institutionnel, l’Agence indique avoir rendu pleinement opérationnels ses principaux organes de gestion, notamment le conseil d’administration, la direction générale et le comité de gestion. Elle poursuit également la digitalisation de ses services, avec l’acquisition de logiciels de paie, de gestion des ressources humaines et du courrier, la mise en place d’un système de gestion d’entrepôt, la création d’une base de données sur les avoirs saisis ou confisqués, ainsi que la mise en ligne de son site web.
En matière de recouvrement, l’ARGASC a notamment collecté des décisions définitives du tribunal d’instance de Kéniéba portant sur la confiscation de 137,90 grammes d’or, de quatre pelleteuses et de cinq véhicules pick-up. Des démarches sont en cours pour déterminer la destination finale de ces biens. L’Agence assure par ailleurs le suivi de plus de 42 biens saisis dans cette même juridiction, dont 32 pelleteuses, six véhicules pick-up, des groupes électrogènes et divers autres équipements.
S’agissant de la gestion patrimoniale, cinq biens immobiliers sont actuellement placés sous la responsabilité de l’Agence, parmi lesquels un hôtel 4 étoiles, des immeubles mis en location et un bâtiment en chantier. L’exploitation des scellés du Pôle judiciaire spécialisé se poursuit afin d’identifier d’autres biens saisis et de suivre leur gestion avant une éventuelle confiscation.
L’ARGASC relève toutefois plusieurs défis, notamment l’appropriation des mécanismes de recouvrement par les magistrats et les officiers de police judiciaire. Pour 2026, l’Agence entend renforcer la sensibilisation des acteurs judiciaires, contribuer au désencombrement des juridictions et finaliser une stratégie participative et inclusive de gestion des scellés.







