Environ 10 000 cas de cancers, toutes formes confondues, ont été diagnostiqués au Mali en 2025, selon les données du registre national du cancer. L’information a été rendue publique par Madani Ly, cancérologue, lors de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, célébrée le 4 février à Bamako.
Cette journée a été organisée par le Centre international d’oncologie du Forum médical, en collaboration avec l’Onco-Mali et l’association des combattantes du cancer « Boonh Kèlè Bagaw ». Elle a été marquée par des séances de dépistage et de consultations gratuites, ainsi que des activités de sensibilisation autour de la maladie.
Selon Dr Madani Ly, également président de l’association Onco-Mali, l’un des principaux défis de la lutte contre le cancer au Mali demeure la circulation de fausses informations et de tabous autour de la maladie. Ces croyances conduisent de nombreux patients à retarder leur prise en charge médicale, préférant d’abord recourir aux guérisseurs traditionnels, parfois en pensant être victimes d’un mauvais sort.
Le spécialiste a notamment évoqué les réticences observées chez certaines femmes à se faire examiner, en particulier pour le dépistage du cancer du sein. « Certaines pensent que le simple fait de toucher leurs seins peut leur faire perdre leur âme. Elles se tournent alors vers les traitements traditionnels, ce qui aggrave la maladie », a-t-il expliqué, soulignant l’importance du dépistage précoce. Selon lui, un cancer détecté à un stade initial peut être traité plus facilement, à moindre coût et avec moins de complications.
Dr Ly a également précisé que les 10 000 cas recensés concernent essentiellement les personnes ayant accès aux structures de santé et aux examens diagnostiques. « Beaucoup de patients suspectés de cancer disparaissent du circuit de soins, faute de moyens financiers ou d’accessibilité, dès lors qu’on leur prescrit des examens complémentaires », a-t-il regretté.
Sur le plan épidémiologique, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez la femme au Mali, suivi de ceux du col de l’utérus, de l’estomac, du côlon et de la vessie. Chez l’homme, le cancer de la prostate arrive en tête, devant les cancers de l’estomac, du côlon, du foie et de la vessie.
Créée en 2019, l’association Onco-Mali mène, selon sa responsable à la communication Kanté Hawa Maguiraga, des actions continues de sensibilisation et de dépistage gratuit afin de réduire l’impact du cancer et de promouvoir une prise en charge précoce au Mali.







