Le 2 février 2026, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a reçu en audience M. Nick Checker, haut fonctionnaire du Bureau des Affaires africaines du Département d’État américain, en présence de l’ambassadrice des États-Unis au Mali.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue politique régulier entre Bamako et Washington et marque un infléchissement notable après plusieurs années de relations distendues.
Sous l’impulsion de l’administration du président Donald Trump, les États-Unis semblent désormais privilégier une approche plus pragmatique de leur politique sahélienne, fondée sur des intérêts économiques assumés et une coopération sécuritaire directe avec les États de la région.
Un message diplomatique réaffirmé
Les échanges ont mis en avant le respect de la souveraineté du Mali et la volonté américaine de collaborer avec la Confédération des États du Sahel (AES). Cette orientation tranche avec la posture de retrait observée ces dernières années et traduit une volonté de relance progressive des relations bilatérales.
En septembre 2025, le Washington Post rapportait déjà un renforcement discret de la coopération en matière de renseignement entre les États-Unis et les autorités maliennes, notamment dans la lutte contre les groupes armés dans le nord du pays. L’audience du 2 février 2026 vient confirmer cette dynamique, malgré les signaux contradictoires envoyés par Washington, dont l’appel récent à ses ressortissants à quitter le territoire malien.
Des perspectives de coopération ciblées
Les discussions ont porté sur la relance de la coopération dans plusieurs domaines jugés stratégiques : lutte contre le terrorisme, échanges économiques et commerciaux, et développement d’un partenariat présenté comme gagnant-gagnant. Le diplomate américain a réaffirmé, au nom de son gouvernement, l’engagement des États-Unis à bâtir une relation fondée sur le respect mutuel et sans ingérence.
Un précédent stratégique rappelé
Entre 2005 et 2011, le Mali figurait parmi les partenaires clés de Washington dans le Sahel, notamment à travers sa participation aux exercices Flintlock organisés par l’Africom. Cette période avait également été marquée par le Trans-Saharan Counterterrorism Partnership et par des investissements du Millennium Challenge Corporation, notamment dans l’aéroport de Bamako et l’Office du Niger.
Cependant, les crises politiques successives à partir de 2012 et la suspension de l’aide militaire américaine ont fragilisé cette coopération, malgré le maintien de l’assistance humanitaire via l’USAID.
Vers une relation sous conditions
Le rétablissement du dialogue politique en 2025–2026 ouvre une nouvelle phase, que Bamako souhaite cohérente et respectueuse de ses choix stratégiques. Le Mali insiste sur la prise en compte des évolutions géopolitiques récentes, notamment le rôle central de l’AES, et rappelle que toute coopération devra s’inscrire dans le respect de sa souveraineté et de ses partenariats actuels.
Entre volonté de retour américain et exigence de fermeté malienne, la relation Mali–États-Unis entre dans une phase de recomposition. Si les clarifications attendues sont apportées, elle pourrait déboucher sur une coopération plus crédible et durable, au service de la stabilité régionale et des priorités souveraines du Mali.







