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Crise climatique au Sahel : le Burkina au bord d’un péril hydrique

Crise climatique au Sahel : le Burkina au bord d’un péril hydrique

Le réchauffement climatique aggrave la crise de l’eau au Burkina Faso, un pays enclavé où la baisse de la pluviométrie depuis les années 70 réduit les ressources hydriques de surface et souterraines. En réponse, l’État a construit des milliers de retenues d’eau et de grands barrages pour soutenir l’agriculture, qui représente plus de 90 % de l’économie, mais ces efforts sont compromis par l’évapotranspiration due à la hausse des températures. Notre enquête révèle comment ce phénomène qui met le Burkina Faso en situation de péril hydrique, menace gravement les secteurs clés de l’économie du pays.

Malgré son âge avancé, avec un physique décharné, l’octogénaire Daogo (nom d’emprunt), pour sa survie, doit mobiliser quotidiennement tout ce qui lui reste comme énergie sénile pour sa reconversion de maraicher culture à colleur d’engins à deux roues. Depuis des lustres, il a connu comme activité principale la culture maraîchère autour du barrage de Voaga, situé à l’Est du village de Voaga, (dans le département de Dapelogo, dans la région du Plateau-Central), à environ 41km de la capitale Ouagadougou.

L’assèchement avancé du barrage de Voaga est donc devenu son cauchemar. Il juge sa nouvelle activité de collage de pneus de pénible et largement désavantageuse pour lui assurer le train de vie qu’il avait quand il était encore maraîcher. Jadis, cette retenue d’eau constituait le pivot autour duquel l’essentiel des activités socio-économiques de la commune tournaient : culture maraîchère (activité de contre saison), abreuvement du bétail, activités de petite pêche, approvisionnement en eau de boisson, prélèvement d’eau pour les travaux publics ; lessive, etc.

C’est avec amertume que le vieux Daogo se souvient de ses moments glorieux avec le barrage. Si certains, comme lui, sont restés et se sont tournés vers d’autres activités en raison du manque d’eau et de l’interdiction d’occuper le lit du barrage, d’autres ont décidé de quitter la localité. En effet, nombre de jeunes, y compris les enfants et petits-enfants du vieux, dont l’activité était rattachée au barrage ont massivement quitté le village, voire la commune pour la capitale ou pour d’autres destinations plus généreuses en eau pour poursuivre leur activité ou pratiquer d’autres activités comme l’orpaillage dans d’autres localités du Burkina ou hors du pays.

C’est le cas de trois petits-fils du vieux Daogo, Amado, Rachid et Razo, qui excellaient dans la production de tomates, de choux, de concombres, de salades, etc. Il y a deux ans, ils se sont rendus en Guinée-Conakry sans en informer leurs parents. Le commerçant Lassané Ouedraogo ajoute que le village, voire la commune, se voit vidé de ses bras valides. « Je connais au moins 15 jeunes, dont six de ma famille, qui ont rejoint des sites d’orpaillages ». Ce qui le choque, c’est que la plupart de ceux qui partent sont encore adolescents âgés de moins de 15 ans, explique-t-il.

Les causes du phénomène

La cause principale de l’assèchement du barrage de Voaga est attribuée au réchauffement climatique. Cette assertion est prouvée par une étude scientifique réalisée en décembre 2020 conduite sous le thème : « Variabilité climatique et stratégies endogènes de gestion des ressources en eau à Voaga dans la commune rurale de Dapelogo ». Elle a été conduite par deux universitaires, Sayouba Ilboudo, chercheur en science des ressources naturelles au Laboratoire d’Études et de Recherches sur les Milieux et Territoire, de l’Université Joseph Ki-Zerbo et Dapola Évariste Constant DA du Laboratoire Dynamique des Espaces et Sociétés, Université Joseph Ki-Zerbo.

Dans leur démarche, ces chercheurs ont réalisé des enquêtes socio-économiques auprès d’un échantillon de 64 chefs de ménages choisis de façon « raisonnée ». Les résultats d’analyse affirment formellement que le réchauffement climatique est à la base de « la baisse de la qualité de l’eau, l’assèchement précoce des ressources hydriques, les conflits d’usage de l’eau et la baisse des rendements agricoles » dans la commune de Voaga. L’étude souligne par ailleurs que les paysans perçoivent « clairement la variabilité climatique à travers les paramètres météorologiques tels que la pluviométrie, la température et le vent ».

A Dori, dans la région du Sahel, à la psychose de la crise sécuritaire, s’ajoute le martyr de la rareté d’eau. Selon le journaliste Hama Hamidou Dicko, spécialisé sur des questions environnementales et animateur de la chaîne WhatsApp Persévérance Environnementale, l’impact du dérèglement est principalement ressenti en matière d’eau. Selon lui, le problème d’eau est « très rudement ressenti. Même actuellement nous sommes obligés de veiller pour recueillir le peu d’eau qui tombe souvent dans les robinets, tard, très tard la nuit ». 

Il explique la raison de cette pénurie d’eau par l’assèchement du Grande Mare de Dori principale pourvoyeuse d’eau de la localité qui « tarit très vite après les dernières pluies ». Pour lui donc, la rareté des pluies combinée à l’assèchement des points d’eau a plongé la ville de Dori dans un permanent problème d’eau. Selon le Directeur général de l’Agence de l’eau du Liptako, M. Constantin Nikièma, « la mare de Dori faisait 26 millions de mètres cubes ; actuellement, nous sommes tristes de constater que c’est une plaine… Ce qui fait qu’actuellement, les populations souffrent, les bœufs n’arrivent plus à s’abreuver ». Il faut aussi noter que cette retenue d’eau est la principale source de desserte en eau 

Il rappelle qu’« autrefois, la grande mare de Dori servait de zone de fourrage, à abreuver le bétail, aux activités domestiques et à la culture maraîchère. Elle joue un rôle économique important pour les habitants de cette localité. Malheureusement, celle qui jadis faisait la fierté de Dori est confrontée à des problématiques qui menacent sa disparition… En effet, cette cuvette est malmenée par les changements climatiques, les actions anthropiques, qui contribuent à une part importante à son ensablement et à son envasement ». 

Pour Wendgouda Priva Kabré, responsable des activités eau et habitat du CICR, « les zones agricoles qui restaient humides pendant six mois s’assèchent désormais au bout de trois mois. Les pluies sont maintenant aléatoires, venant trop tôt, ou trop tard, et créent beaucoup d’incertitude pour les agriculteurs ». Il relève que face à la rareté de l’eau et la forte demande, des « tensions autour des points d’eau sont devenues récurrentes ». Pour ce qui de la pratique de l’agriculture, l’agent du CICR fait un constat qu’ « aujourd’hui, se lancer dans une production agricole traditionnelle est illusoire ; les jeunes générations ne voient pas de futur à gratter le sol pour des rendements très marginaux ».

La région du Sahel a comme activité principale l’élevage (bovin, ovins, caprins, chameau, etc) qui occupe le troisième rang des produits d’exportation du Burkina avec une valeur de 26% et contribue à 18% du PIB, selon la Revue titrée : La digitalisation de la filière élevage au Burkina Faso : défis, enjeux et perspectives, publiée le 12 février 2023. M. Priva Kabré pense que cette filière est menacée car « les pâturages disparaissent sous la pression conjuguée de la hausse des températures, l’assèchement des points et cours d’eau… ».

Le réchauffement climatique entraîne un problème d’eau

Dans un article intitulé « L’eau – au cœur de la crise climatique », publié sur son site internet, l’ONU Eau fait un constat sans équivoque : « l’eau et le changement climatique sont inextricablement liés. Les phénomènes météorologiques extrêmes rendent l’eau plus rare, plus imprévisible, plus polluée, voire les trois à la fois. Ces impacts, tout au long du cycle de l’eau, menacent le développement durable, la biodiversité et l’accès des populations à l’eau et à l’assainissement ».

Dans une certaine constance, déjà en 2010, la même institution affirmait : « L’eau est le premier intermédiaire par lequel le changement climatique impacte les écosystèmes terrestres, ainsi que le mode de vie et le bien-être de nos sociétés ». Sur le site internet officiel du gouvernement burkinabè relatif à l’eau, une bande-annonce indique que « le changement climatique réduit les réserves d’eau, entraînant des sécheresses plus fréquentes ».

Pour savoir comment la crise climatique impacte la disponibilité en eau, nous avons fait recours au Dr Aïda Diongue Niang, experte du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Elle reconnaît d’emblée que les gaz à effet de serre (GES) qui sont à la base du réchauffement climatique influencent fondamentalement le cycle de l’eau, en piégeant la chaleur dans l’atmosphère. 

En effet, ce réchauffement « perturbe profondément le cycle de l’eau, qui est très sensible à l’augmentation des températures ». Et la concentration de la chaleur dans l’atmosphère « accélère l’évaporation de l’eau à la surface des sols, rivières, lacs, barrages, etc. ». Ce qui provoque un assèchement des cours d’eau, aggrave les épisodes de sécheresse donc une crise d’eau. 

Le « Rapport thématique Changements Climatiques et Catastrophes Naturelles au Burkina Faso : état des lieux » du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement (MEEA) publié en décembre 2024, indique que  « la sécheresse reste la catastrophe naturelle la plus dévastatrice au Burkina Faso. Elle est due à un déficit de pluviométrie et des températures élevées conjuguées avec une dégradation du sol, elle-même conséquence d’actions anthropiques sur le couvert végétal ».

Le même rapport établit un lien clair entre les périodes de grandes sécheresses et la baisse de la pluie. Il prévoit une « augmentation probable des sécheresses sévères » dans les années à venir en raison de la baisse de la pluie. Comme conséquences causées par la sécheresse, le rapport évoque le déplacement de populations, des pertes de vies humaines et blessés significatifs, comme en 2012 (3,5 millions de sinistrés). Sur le plan économique : pertes agricoles, destruction d’infrastructures, cheptel décimé,etc.

En plus, le réchauffement climatique induit une modification des régimes des précipitations qui deviennent plus irrégulières (c’est-à-dire saisons plus courtes, précipitations soudaines et trop abondandes), plus intenses dans certaines zones provoquant des inondations, plus rares dans d’autres (sécheresses prolongées). Résultat ? L’eau devient plus difficile à stocker ou capter, malgré sa présence globale. 

En effet, l’autre revers du réchauffement climatique est la survenance de déluges de pluies cause majeure des inondations. Selon, l’hydrologue française Emma Haziza, experte de l’adaptation aux risques climatiques, fondatrice et présidente de Mayane, la hausse de température entraînant la forte évaporation, va piéger énormément d’eau dans l’atmosphère, ce qui va provoquer une saturation. 

Mais contrairement aux gaz à effet de serre qui peuvent durer longtemps dans l’atmosphère, l’eau n’a pas cette capacité et donc, va retomber sous forme de rivière, c’est-à-dire une pluie diluvienne en un temps record. Ce qui crée des inondations monstres et destructrices. Selon le rapport du ministère de l’Environnement, « les inondations sont de plus en plus fréquentes et sévères au Burkina, affectant toutes les régions du pays ». 

La situation de stress hydrique du Burkina s’aggrave

Les conditions hydrogéologiques et la topographie du Burkina font que la majeure partie des précipitations reçues sont très rapidement évacuées vers les pays voisins. C’est cette idée que l’expert hydrologue sénégalais Boubacar Barry, pétri d’une expérience de plus de 50 ans sur les ressources en eau douce transfrontalières de l’Afrique, traduit en qualifiant le Burkina Faso de « cuvette à soupe renversée ». 

Dans la même logique, Pascal Nakohoun, ancien Directeur des études et information sur l’eau du ministère de l’Eau, confirme que le Burkina Faso bénéficie grâce à la pluie d’« environ 200 milliards de m³ d’eau sous forme de pluie », mais « nous ne retenons même pas plus de 10 milliards ». En effet, l’essentiel de la ressource coule vers les pays voisins, notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire.

Dans son rapport intitulé « Changement climatique et sécurité de l’eau au Burkina et au Niger » publié en juillet 2021, l’ONG WaterAid qualifie le Burkina de « pays en stress hydrique ». Le critère utilisé pour estampiller le Burkina Faso de ce qualificatif est en effet la disponibilité en eau par an et par habitant estimée 690 m³ contre un seuil de 1.000 m³ par an et par habitant. 

Sur son site internet, le Centre d’Information sur l’eau signale que le stress hydrique est également appelé « pénurie d’eau », voire « rareté de l’eau » dans les cas les plus extrêmes, le stress hydrique est une situation critique qui surgit lorsque les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande en eau. Dans son étude, l’ONG Wateraid indique que « Dans l’espace UEMOA, le Burkina est le pays le moins pourvu en eau douce renouvelable… ».

Le stress hydrique au Burkina Faso se mesure de façon très concrète à travers les barrages, constituant les solutions stratégiques et adaptatives du pays. En effet, ces retenues d’eau connaissent un tarissement précoce par défaut de pluie et par évaporation sous l’effet de la chaleur. Selon le Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNA) du Burkina Faso (2024-2028), « actuellement l’évaporation fait perdre au Burkina plus de 60% de l’eau retenue dans les barrages ». La partie sahélienne qui est considérée comme la partie la plus chaude du pays perd jusqu’à « 80 % » de ses eaux de surface.

Des données antérieures fournies par le rapport sur l’État « des lieux des ressources en eau du Burkina Faso et de leur cadre de gestion (2001) » montrent que 57 % des barrages tarissent avant la saison des pluies, rendant l’eau indisponible pendant la période de forte demande (saison sèche). Nous n’avons pas pu trouver une étude plus récente pour confronter ce chiffre. Cependant, les constats des personnes ressources dans le milieu tendent à confirmer ce chiffre voire à le revoir à la hausse, condamnant le pays « dans un état permanent de stress hydrique », nous confie un cadre du ministère de l’environnement et de l’eau.

Une baisse tendancielle de la pluviométrie depuis plus de 50 ans

Le climat du Burkina Faso est caractérisé comme un climat tropical sec. Le pays a trois zones climatiques distinctes, dont la zone du nord « sahélienne », la zone du centre « soudano-sahélienne », et la zone sud « soudanienne », qui divisent globalement le pays en trois bandes horizontales. 

Selon, une étude de OCHA intitulé « Cadre de l’action anticipatoire pilote de la sécheresse au Burkina Faso, version 2024 » du 28 février 2024, les précipitations moyennes sont les plus faibles dans la zone sahélienne (600 mm de moyenne annuelle), suivie de la zone nord-soudanienne (600-900 mm de moyenne annuelle), puis de la zone sud-soudanienne (900+ mm de moyenne annuelle). 

L’organisation onusienne ajoute que « les précipitations observées au 20ᵉ siècle ont montré une tendance à la baisse des précipitations annuelles totales sur l’ensemble du pays et du nombre de jours de pluie, ainsi qu’une tendance à la hausse du nombre de jours secs consécutifs (de 46 à 57 jours par décennie) ».

Les projections des modèles climatiques indiquent que ces tendances négatives se poursuivront, selon le même document. En plus, selon l’étude, le climat « futur devrait être caractérisé par un réchauffement continu, une forte variabilité des précipitations et la survenue d’événements météorologiques et climatiques extrêmes, en particulier, la sécheresse ». 

L’hydrologue, Docteur Fulgence T. Ki fait un lien entre cette baisse de la pluviométrie et le changement climatique : « le Burkina subit des fluctuations climatiques importantes, exacerbées par le phénomène des Changements climatiques dû aux activités anthropiques. Cette situation se traduit par un amenuisement des ressources en eau en quantité en raison de la baisse tendancielle de la pluviométrie, de la réduction des écoulements de surface et du déficit de la recharge de la nappe ».

L’insécurité hydrique au Burkina implique une insécurité alimentaire et économiques

Selon le rapport de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) d’août 2023 intitulé « Analyse approfondie Caractéristiques des ménages agricoles du Burkina Faso », au Burkina Faso, près de 73,9% des ménages pratiquent au moins une activité agricole, y compris l’élevage. Ces ménages agricoles regroupent environ 81 % de la population du pays. Le rapport indique également que l’agriculture repose surtout sur les cultures pluviales : elles sont pratiquées par 91,7% des ménages agricoles, et par presque tous les ménages en milieu rural (96 %). Ce qui le rend fortement dépendant de la pluviométrie (devenue aléatoire tant dans l’espace que dans le temps) et des ressources en eau. C’est pour cela que le Burkina a bâti sa stratégie de mobilisation de l’eau sur les retenues d’eau. 

Le problème d’eau est donc un véritable handicap pour l’essor de son économie et l’épanouissement de sa population. L’insécurité hydrique implique une insécurité alimentaire. Les catastrophes naturelles, notamment les sécheresses et inondations, compromettent l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD) notamment la sécurité alimentaire, l’adduction d’eau potable à tous. 

Leur survenance entraîne des pertes économiques considérables. Par exemple, selon le Tableau de bord de l’environnement 2020, les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles (inondations et sécheresses) sont estimées à plus de « 100 milliards de F CFA en 2008 ». Le coût annuel de la dégradation de l’environnement au Burkina Faso est évalué pour l’année 2008 à environ « 21% du PIB, soit environ 780 milliards de FCFA. Ceci représente 53 000 FCFA par habitant et par année ». 

Si le réchauffement climatique est devenu un problème mondial, il n’en va pas de même des responsabilités. En effet, le Professeur de droit l’environnement Amidou Garané que les pays développés, sociétés de production et de consommation de masse, ont bâti leur développement économique sur les techniques les plus polluantes qui sont aujourd’hui à l’origine d’une grande partie de la dégradation de l’environnement mondial et sont de ce fait, les principaux responsables de la situation actuelle déplorable de l’environnement mondial, dont le réchauffement climatique. 

Selon le juriste environnemental, ce principe permet ainsi « d’impliquer tous les États dans la protection internationale de l’environnement, tout en modulant leurs obligations en fonction de leur part de responsabilité dans la dégradation mondiale de l’environnement ». Ce principe implique, selon lui, que les pays développés, qui sont à l’origine d’une grande part de la crise environnementale, auront des obligations de protection de l’environnement, notamment en termes de mobilisation de fonds plus importants que les pays en développement.

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, dans le  Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2024 intitulé « L’Eau pour la prospérité et la paix », indique que « l’eau n’est pas seulement un outil de développement : c’est un droit fondamental, un droit essentiel pour la paix et la sécurité partout dans le monde, un droit de l’homme. C’est un sujet central, encore trop méconnu, que nous avons le devoir de saisir à bras le corps : de notre capacité à relever les défis qui l’entourent, dépend en partie notre capacité à léguer aux générations futures un monde habitable pour tous »

Tags: burkina fasocrise climatique
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