Le Mali franchit une nouvelle étape dans sa conquête du marché africain du lithium. Le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a procédé le lundi 3 novembre à l’inauguration de la deuxième mine de lithium du pays, située à Bougouni et exploitée par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA).
Cette mise en service illustre la volonté des autorités de bâtir une souveraineté économique fondée sur la valorisation des ressources naturelles nationales.
La cérémonie, à laquelle ont pris part le président du CNT, plusieurs membres du gouvernement, des autorités locales et des partenaires étrangers — dont un représentant de l’ambassade de Chine —, a marqué un moment symbolique.
« Ce projet apporte du travail, des routes, et surtout la fierté d’appartenir au Mali nouveau », a déclaré N’Togo Diakité, chef du village de Bougouni.
Il s’agit de la troisième visite présidentielle dans la région en moins d’un an, après l’inauguration de la centrale solaire de Tiakadougou-Dialakoro et celle de la mine de lithium de Goulamina. Autant d’initiatives qui traduisent, selon les observateurs, un leadership tourné vers la croissance et la prospérité.
Un partenariat stratégique Mali–Chine–Royaume-Uni
Fruit d’une coopération entre Kodal Mining UK Ltd et Hainan Mining Co. Ltd (filiale du groupe chinois Fosun), le projet associe l’État malien et des investisseurs locaux à hauteur de 35 % du capital.
Avec un investissement initial de 65 millions de dollars (environ 36 milliards FCFA), la première phase prévoit une production annuelle de 120 000 tonnes de concentré de spodumène.
Combinée à la production de Goulamina, cette dynamique portera la production nationale à près de 590 000 tonnes de lithium dès 2026, positionnant le Mali parmi les leaders du continent.
« Notre ambition commune est de faire de Bougouni un modèle de partenariat équitable entre investisseurs étrangers et État souverain », a affirmé Teng David Lei, président du conseil d’administration de Kodal Mining et directeur général de Hainan Mining.
À ce jour, le projet a déjà injecté plus de 24 milliards FCFA dans l’économie nationale à travers l’achat de biens et services locaux, et 317 millions FCFA ont été consacrés à des initiatives communautaires.
Assainir pour mieux développer
Le ministre des Mines a rappelé la détermination du gouvernement à réformer et assainir le secteur minier.
« Nous avons annulé 121 titres miniers, dont 100 permis de recherche, afin de mettre fin au désordre qui prévalait », a-t-il déclaré, soulignant la priorité donnée au respect de l’environnement, aux droits des travailleurs et au contenu local.
La mine de Bougouni compte déjà 500 emplois directs, auxquels s’ajouteront 800 autres lors de la seconde phase. Les retombées fiscales alimenteront notamment le Fonds de développement local et celui destiné aux infrastructures énergétiques et hydrauliques.
En deux ans à peine, le Mali a transformé le lithium en nouveau fer de lance industriel, amorçant une transition stratégique au-delà de l’or. Le pays ambitionne désormais de diversifier son portefeuille minier et de maximiser la valeur ajoutée par la transformation locale, pierre angulaire de sa vision Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma.







