Vendredi dernier, lors de l’émission Mali Kura Taasira 3 diffusée sur la télévision nationale, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a fait le point sur la diplomatie malienne, les avancées de la Confédération des États du Sahel (AES) et les relations avec la Cedeao.
Le chef de la diplomatie malienne a souligné le rôle central du Mali dans un contexte régional complexe, en s’appuyant sur trois principes majeurs définis par le président de la Transition : respect de la souveraineté, des choix stratégiques et défense des intérêts vitaux du peuple. Il a rappelé que la création de l’AES par le Mali, le Burkina Faso et le Niger vise à répondre à une menace existentielle commune, en consolidant la sécurité par une force unifiée et une diplomatie coordonnée.
Sur le plan diplomatique, Abdoulaye Diop a insisté sur l’importance d’une voix commune des pays membres, notamment dans les actions menées à l’ONU et à l’Union africaine. Il a évoqué des exemples récents, tels que la condamnation conjointe de l’aide de l’Ukraine à des groupes terroristes opérant au Sahel, ou encore la réaction unifiée face à l’attaque algérienne contre un drone malien.
Le ministre a également présenté les avancées dans le domaine du développement régional, avec des projets structurants comme la création d’une compagnie aérienne, des infrastructures ferroviaires, énergétiques, ainsi que la mise en place d’une Banque confédérale d’investissement destinée à financer ces ambitions à partir de ressources internes.
Concernant la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao, Abdoulaye Diop a confirmé un « chemin de non-retour » tout en soulignant la nécessité de maintenir des relations économiques et commerciales durables. La récente rencontre entre la Confédération AES et la Commission de la Cedeao vise à gérer de manière coordonnée le désengagement, notamment sur la libre circulation, le commerce et les projets communs, dans le respect des intérêts des populations.
Le ministre a enfin abordé les tensions diplomatiques, notamment avec l’Algérie, qu’il a appelée à respecter la souveraineté malienne et à cesser son ingérence dans les affaires internes. Il a défendu la diversification des partenariats du Mali, soulignant la volonté d’autonomie du pays et le renforcement des liens avec des acteurs comme la Russie, la Chine, le Moyen-Orient, et les BRICS.
Pour Abdoulaye Diop, le retrait du Mali de la Francophonie répond à une exigence d’équité et de respect des règles, tandis que la coopération avec les Nations unies se poursuit, notamment à travers les agences et programmes présents après le départ de la Minusma.
Il a conclu en appelant à déconstruire les narratifs négatifs souvent portés sur les pays de l’AES, en expliquant la complexité des défis sécuritaires et la dynamique de transformation en cours, tout en déplorant la fermeture des consulats français, rappelant que la démarche malienne repose sur une diplomatie décomplexée et pragmatique, centrée sur les intérêts nationaux.







