Dans un contexte politique sous tension, le gouvernement a choisi d’impliquer les médias dans sa stratégie de communication et d’apaisement. Le mercredi 7 mai 2025, le ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a reçu les responsables des principales faîtières des médias du pays ainsi que ceux des médias publics. Au cœur de la rencontre : la suspension des activités des partis politiques et des associations à caractère politique, décidée une semaine plus tôt par décret.
D’entrée de jeu, le ministre a tenu à replacer cette mesure dans son contexte : celui d’une transition politique délicate, marquée par les recommandations issues des récentes Assises nationales de la refondation (ANR) et par la montée des tensions sécuritaires dans tout le Sahel. La suspension des partis politiques, a-t-il insisté, « n’est en aucun cas une interdiction définitive » mais une décision conservatoire, visant à « créer un espace de réflexion et de réorganisation politique ».
Le fondement juridique de cette décision s’appuie notamment sur l’article 39 de la Constitution, qui impose aux partis le respect des principes essentiels de la souveraineté et de l’unité nationale. Cette mesure s’est accompagnée de l’abrogation, le 30 avril, de la loi n°05-047 régissant les partis politiques, jugée obsolète et incompatible avec les objectifs de refondation institutionnelle promus par les ANR.
Mais au-delà de la justification juridique et politique, le gouvernement semble désormais reconnaître la nécessité d’un dialogue avec les corps intermédiaires, notamment les médias, dans la gestion de cette phase critique. « Le rôle des médias est fondamental pour préserver la paix sociale, éclairer l’opinion et lutter contre la désinformation », a déclaré le ministre, appelant les responsables des faîtières à faire preuve de « lucidité et de responsabilité » dans leur couverture de la Transition.
Il a invité les médias à prendre part au processus de stabilisation, dans un contexte où l’insécurité, la défiance institutionnelle et les fractures sociales menacent la cohésion nationale. Le ministre Ag Ilyène s’est voulu rassurant quant au respect des principes démocratiques : « Il ne s’agit pas d’un recul du pluralisme politique, mais d’un moment de pause nécessaire pour refonder les bases du vivre-ensemble. »
Cette rencontre marque une étape importante dans la stratégie gouvernementale d’explication et de pédagogie autour des grandes décisions de la Transition. Elle témoigne aussi d’un début de reconnaissance du rôle des médias comme acteurs clés de la paix et de l’ordre public dans un Mali en quête de stabilité.







